Méthodologie
Une approche frugale, y compris dans ses ratés
Le protocole a été construit avec un smartphone, une sphère de calibration et une lumière déplacée à la main — puis corrigé une fois ses limites constatées sur le terrain.
Choix de la plateforme
De WordPress à un site codé à la main
Le projet a d'abord été hébergé sur WordPress.com, dont le plan gratuit s'est révélé limité : accès à l'API de contenu bloqué, personnalisation graphique restreinte. Le choix s'est porté sur un site statique hébergé gratuitement sur GitHub Pages — sans intermédiaire, avec un contrôle complet sur la mise en page, cohérent avec la logique frugale du reste du projet.
Capture sur le terrain
Un marqueur papier plutôt qu'un renommage a posteriori
Pour chaque dalle, les deux séries de photos (3D puis RTI) étaient prises l'une après l'autre avant de passer à la dalle suivante. Un papier manuscrit était filmé juste avant chaque série pour la délimiter dans la pellicule : "1-3D" avant la série 3D de la dalle 1, puis "RTI 1" avant sa série RTI, puis "2-3D", "RTI 2", et ainsi de suite jusqu'à la dalle 10 — un repère visuel simple, sans logiciel de tri ni renommage de fichiers après coup.
Protocole RTI — étapes réelles du terrain
Mêmes images, deux logiciels, deux résultats opposés
Installation du dispositif
Trépied stabilisé par un contrepoids, adapté pour recevoir un bâton à selfie sur lequel le smartphone est fixé — l'appareil reste ainsi immobile pendant toute la série, condition nécessaire à un rendu RTI exploitable. Un grand parasol, tenu par une personne, protège la scène : le soleil, très intense, était encore accentué par la blancheur du calcaire des dalles.
Installation de la sphère de calibration
Positionnement d'une bille de calibration de 20 cm à proximité immédiate de la gravure, pour capter la direction de la lumière à chaque prise.
Série de prises sous lumière mobile
Photographies successives, la source lumineuse déplacée autour de la dalle à chaque cliché. Le déclenchement se faisait à distance, sans toucher l'appareil, via une télécommande Bluetooth détachable fixée au bâton à selfie, ou par commande vocale.
Premier traitement sous RelightLab : succès partiel
Seule la dalle n°03 a produit un rendu RTI exploitable. Les neuf autres ont donné un résultat sombre et inutilisable, attribué à une non-détection de la sphère de calibration.
Changement de logiciel : succès sous RTIBuilder
Les mêmes images, sans aucune nouvelle prise de vue sur le terrain, traitées cette fois avec RTIBuilder (une version antérieure du même type d'outil), ont produit un fichier RTI exploitable pour les dix dalles.
Anomalie dalle n°06 : suppression plutôt que rotation
Certaines photos de la série avaient été enregistrées en paysage plutôt qu'en portrait. Réorienter ces images par rotation modifiait leurs dimensions ; elles ont donc été retirées de la série plutôt que corrigées.
Anomalie dalle n°05 : tailles d'image incohérentes
Cas plus complexe : les photos de cette série se sont retrouvées de dimensions différentes entre elles. Malgré les traitements appliqués, le rendu RTI final reste de qualité médiocre pour cette dalle — conservée malgré tout sur le site.
Conversion au format web sous RelightLab
Les dix fichiers .rti produits par RTIBuilder ont ensuite été convertis, toujours sous RelightLab, en un format web (un fichier .json accompagné de quatre images .jpg par dalle). Ce format web s'ouvre dans RelightLab, tandis que le fichier .rti d'origine reste consultable dans RTIViewer — RelightLab offrant, en pratique, un rendu visuellement supérieur à RTIViewer.
Ce que ces constats apportent
Deux contraintes transférables à d'autres campagnes RTI frugales
Premier constat : un même jeu d'images peut échouer dans un logiciel et réussir dans un autre — le choix de l'outil de traitement pèse autant que le protocole de capture lui-même. Second constat : verrouiller la rotation de l'écran avant une série de prises à main levée reste nécessaire, mais ne suffit pas toujours — des dimensions d'image incohérentes dans une même série peuvent obliger à supprimer des prises, ou dégrader durablement la qualité du rendu final.
Visualisation en ligne
Un visualiseur web intégré, tenté sans succès stable
Deux bibliothèques JavaScript (OpenLIME, puis RelightViewer) ont été testées pour afficher les fichiers RTI directement dans le navigateur, sans aboutir à un résultat fiable. Le site propose donc le téléchargement direct des fichiers RTI plutôt qu'un rendu interactif en ligne.
Photogrammétrie
Reconstitution volumique des dalles
Capture à main levée, traitement différé
Série de photographies prises avec l'appareil photo natif du smartphone autour de chaque dalle, puis importées après coup dans l'application KIRI Engine (mode Photo Scan) pour la reconstruction — aucun matériel de studio, cohérent avec l'approche frugale du protocole.
Reconstruction brute
Le modèle généré inclut initialement la dalle et son environnement immédiat (terre, végétation), puisque la capture couvre toute la scène photographiée.
Rognage en quatre passes
Isolation de la dalle par recadrage successif sur les axes Y et Z (deux côtés par axe), avec comblement automatique des petits trous laissés par l'opération (option "Fill Holes").
Export et intégration directe
Modèles exportés au format .glb et intégrés directement sur le site via la balise model-viewer, sans dépendre d'une plateforme tierce (Sketchfab, notamment, a été écarté pour rester indépendant d'Epic Games).
Volume de prises
Nombre de photographies par dalle
| Dalle | Photos RTI | Photos 3D |
|---|---|---|
| n°01 | 28 | 48 |
| n°02 | 29 | 39 |
| n°03 | 41 | 87 |
| n°04 | 46 | 80 |
| n°05 | 41 | 44 |
| n°06 | 34 | 42 |
| n°07 | 36 | 47 |
| n°08 | 39 | 53 |
| n°09 | 41 | 91 |
| n°10 | 44 | 116 |